Editions du Pont de l'Europe - Juillet 2015

136 pages - papier couché 135g

Dimensions (centimètres) 21 (largeur) x 14,8 (hauteur)

ISBN 978-2-36851-054-4

PRIX : 11 euros (+ le port)

 

La perception de la réalité varie selon les individus en fonction de notre perméabilité aux événements extérieurs et l'influence de ceux-ci sur nos existences provoque des réactions très diverses. L'impact du réel agit sur nos vies. Par ce livre, Joseph Kacem nous plonge au coeur d'années vécues (la part de fiction se trouvant réduite au strict minimum). Cette incursion de l'auteur au coeur de son propre temps nous place ainsi en prise directe avec une réalité et ses séquences multiples déclinées au fil des années : description de faits marquants, poésie à caractère social, revendicatif ou métaphysique, espoir-désespoir de la réalité ambiante, révolte de sa propre condition, conscience et liberté, humour, réalité vomie ou sublimée, virulence des mots, apaisement... Nous sommes transportés par une « littérature-réalité-identité-vérité » et nous en subissons l'égratignure, tout comme l'auteur lui même s'est égratigné l'âme profondément au cours de ces années. Passage obligé pour un auteur.

 

« Bouffon » mot employé par dérision et perçu comme tel dans une réalité policée. Or, il est vrai qu'il s'agit bien là d'un très bel orage que l'auteur nous sert, et notre propre ciel s'en trouve lui-même fissuré. Joseph Kacem, par ce livre, fait la démonstration éclatante et imparable de la difficulté d'être face à un monde fermé, mais surtout déchire le ciel opaque et ouvre une percée de lumière. Il tend une clef à une génération hésitante qu'un ciel obscurci a enfermé dans la nuit. Si autopsie il doit y avoir, à coup sûr un auteur en est né. Un très bel orage a déchiré le ciel.

 

Reproduction de la préface de Calo Brooklyn

Première édit -> 120 ex

Deuxième édit ->

Critiques & médias

Illustration de Jacques Pierre Lefort

Préface de Calo Brooklyn

Critique d'UN TRES BEL ORAGE...

de Cristian Ronsmans

(critique d'art et d'écrit, conférencier, ancien directeur de publication)

 

Un très bel orage a fissuré le ciel de Joseph Kacem est sous-titré par un « autopsie d'un bouffon ».
C'est ce sous-titre qui m'a interpellé plus que l'ellipse poétique. Et très vite on comprend que le légiste du bouffon n'est autre que l'auteur lui-même. Restait à savoir si le bouffon est le légiste lui-même ou le corps étendu sous la menace de ses bistouris et scalpels.
La réponse sera assez rapide à deviner. D'abord par le « style ». Je mets volontairement ce style entre guillemets. Des guillemets en ronce barbelée pour un texte à haute tension !
Que le lecteur prenne garde : outre la torture, l'infection vous guette, la septicémie vous menace, et les concertinas tranchants sont comme des lames de rasoir à l'affût de vos gorges nouées !
Car en fait de style si tant est qu'on parle de style littéraire avec ses catégories dans lesquelles on se plait à enfermer toutes les facettes d'un écrit, ici il n'y a pas de style. Ce qui n'est en rien péjoratif. Bien au contraire. Si de toute évidence on est tantôt dans le récit, tantôt dans la poésie (au sens de l'écrit) voire le journal intime râpé ou râpeux, au choix, ou que sais-je encore, il n'y a pas de style littéraire car on est dans l'oralité d'une langue et sa singularité.
Comme l'auteur gueule, hurle, même mezzo voce son texte ou cette apparence de texte, le lecteur gueule, hurle sa lecture !
De sorte que ce texte éminemment poétique qui exprime une quête de l'amour dont le chemin qui y conduit est bien plus important que l'objectif lui-même comme le dit Joseph Kacem, taoïste improvisé, s'appuie c'est tout le paradoxe sur....la haine.
Paradoxe ? Pas tant que cela. Car on oublie (le lecteur), c'est plus confortable, que toute quête de l'amour comme quête de lumière, ne prend corps que si elle tient en compte que sans la haine, sans les ténèbres, ils ne peuvent exister.
Voilà pourquoi ce livre admirable écrit avec une plume trempée dans l'encre intestinale échappe à tout romantisme pour mieux permettre au légiste d'étudier les moindres réactions de l'écorché. Celui qu'on trouve dans les écoles de médecine.
Voilà pourquoi cette langue de ferraille et de bile mêlée jusqu'à la vomissure dans un égout à ciel ouvert, s'exprime à travers l'évocation des usines de et à merde, des menstrues, de l'alcool pour oublier la haine de soi, la haine de l'autre, transfert inéluctable, et les bordels qui vont avec et l'envie in fine de dire : « Monsieur, Madame, veuillez m'excuser d'être né » !
Le rêve crève en même temps qu'il nait.
Plutôt qu'une adaptation scénique musicalement « classique », telle que celle nous l'a décrite l'auteur, une adaptation théâtrale, sous forme de sonate dramatique à 4 mouvements, me semble plus appropriée pour retracer sur la toile de nos angoisses, ravivées par ce livre d'une violence inouïe mais juste, l'anéantissement ou néantisation qui nous guette dès lors que la vie existe !
Question en suspens : Le bouffon se demande comment continuer à faire l'idiot (au sens Dostoïevskien), celui qui voit au-delà en attendant la mort dont on a déjà reçu le coup fatal ?
Peut-être faut-il trouver la réponse au sous-titre dans le titre « Un très bel orage a fissuré le ciel ».
Car en fissurant le ciel, dans son zigzag, l'orage (tempête hugolienne sous un crâne) doit clarifier et indiquer le chemin à l'homme égaré. Et c'est l'inverse qui va se produire.
Les racines de l'arbre du ciel chez Joseph Kacem cèdent la place à l'arbre dont les racines plongent dans le caniveau terrestre.
L'aventure est terminée avant que d'avoir commencé. Les dés pipés ou non étaient déjà jetés
En même temps J.Kacem nous renvoie l'image de notre propre défaite derrière les masques en peau d'humain dont nous la parons, dans un déni éternel

 

 

RADIO GRILLE OUVERTE

 

"...non seulement vous vous mettez à poil, mais vous enlevez la peau et la viande qui va dessous..."

 

"...une clé pour comprendre "Le château de nos pères" et le reste de ce que vous écrivez..."

 

Jean-Paul Pascal  - émission "La voix au chapitre" du 8 juin 2015 (enregistrement ci-contre ->).

 

 

MIDI LIBRE

 

"[Kacem] écrit en dehors du travail et de l'éducation de ses enfants lorsqu'il a le temps. Parfois il se sent prêt et peut commencer dès 6h du matin et écrire  longtemps.
Il  se définit comme un écrivain réaliste avec un côté burlesque.
Son inspiration se nourrit de tout ce qu'il voit, des situations et des gens qu'il rencontre, ce terreau nourrit son écriture.
"

 

Roselyne Cusset  - Midi Libre du 26/07/2015 (article ci-contre ->).

 

A-propos des titres de Joseph Kacem

par Cristian Ronsmans

J'ai lu deux bouquins de Joseph ("Un très bel orage..." et "Le château de nos pères". Moi, sans être maso pour autant, j'aime bien les coups de pompe, de poing, de boule, littéraires de Joseph. Je ne pense pas être le seul à avoir la chance d' en profiter et je pense que certains mériteraient d'en profiter bien plus que moi. Je ne peux m'empêcher de penser à vous qui n'avez pas encore lu Joseph Kacem. Qu'est ce que vous attendez...

Un très bel orage a fissuré le ciel

- Autopsie d'un bouffon -

Recueil d'inspiration autobiographique.

 

L'EKO DES GARRIGUES

 

Joseph Kacem invité par Pascal Nyiri dans l'émission "Rimbaldies on Tape", le 28 octobre 2015 sur l'EKO DES GARRIGUES. Emission largement consacrée à "Un très bel orage a fissuré le ciel - Autopsie d'un bouffon"

 

Emission complète du 28/10/2015 (vidéo ci-contre).